Historique

Ihartze artea est une authentique ferme labourdine datant du XVIIème siècle, le Labourd étant une des 7 provinces basques. Sa partie nord avec colombages a été construite à la fin du XVIème siècle, alors que sa partie sud sans colombage date du XVIIème siècle, cette asymétrie lui confère un style original et esthétique. Mais plus encore que son allure extérieure, l’exception d’Ihartze artea, qui lui vaut d’être inscrite à l’Inventaire des Monuments Historiques, se trouve à l’intérieur, dans ses murs.

Au cœur de ce colosse de pierre, des fresques oubliées et camouflées derrière des étagères sont l’objet de toute notre attention lorsque nous découvrons la maison.

Curieux, nous avons retracé l’histoire de ce lieu…

Poussé par la guerre civile espagnole à se réfugier à Sare, un grand peintre basque, Gaspar Montes Iturrioz, décore, en 1937, la grande salle au rez-de-chaussée de la maison. Il peint des fresques représentant des scènes de la vie basque. On y distingue un triptyque de thèmes distincts mettant en scène, au cours des fêtes de Sare, des danseurs, des joueurs de xistu et des pelotaris auxquels s’ajoute le logo originel de l’association Sarako Izarra qui a vu le jour dans cette salle en septembre 1937.

Elles sont un hommage aux Saratars (habitants du village de Sare) qui hébergèrent des centaines de réfugiés au lendemain du bombardement de Guernica (26 avril 1937). Le gouvernement basque en la personne du président José Antonio Aguirre créa une chorale et un groupe de danse pour représenter et valoriser le Pays basque et sa culture auprès de la communauté internationale. Une centaine de chanteurs, danseurs et musiciens, triés sur le volet dont Luis Mariano et la maman de Placido Domingo furent ainsi rassemblés à Sare, à Ihartze artea, pour former la troupe Eresoinka.

C’est Paul Dutournier et le maire de Sare, le docteur Lerremboure, qui leur ouvrit les portes de cette grande maison à l’abandon. Là, dans « La salle aux fresques », la troupe répéta le spectacle qui fit le tour des capitales européennes (Paris, Bruxelles, Amsterdam, Londres…) en commençant la mythique salle Pleyel à Paris en décembre 1937.

En découvrant ces fresques et donc l’histoire de la maison nous avons permis son inscription à l’Inventaire des Monuments Historiques.

Pour la conservatrice en chef des Monuments Historiques de la DRAC, Mme Mauriac, ces fresques sont un joyau art déco, entre impressionnisme et néo-cubisme, témoin artistique et historique de cette époque et par là même la préservation du patrimoine culturel et artistique basque.

C’est grâce à elle, et avec l’aide du Conseil Général, du gouvernement basque, de la Banque Populaire, de la Mairie de Sare, que nous pouvons aujourd’hui les admirer maintenant rénovées (en 2006) par les meilleurs restaurateurs français, sous la direction de Mme Passicos.

Nous nous sommes lancés dans un projet de rénovation qui nous a pris plus de 15 ans pour faire renaître cette bâtisse.

L’espace a été pensé et redessiné par un architecte.

Aujourd’hui, lhartze artea fait peau neuve et conserve du passé le meilleur en mêlant harmonieusement histoire, authenticité et confort.

En plein cœur du village de Sare, l’un des coins les plus charmants du Pays basque, cette ancienne ferme est un lieu idéal et unique où se réunir en famille, entre amis et amoureux de la nature.

Autant de bonnes raisons d’y faire un tour et où nous vous invitons à vivre des moments hors du temps.